mardi 22 février 2011

Compte rendu succinct du Conseil Municipal du 7 Février 2011 vu du groupe Agir Ensemble




Deux débats sans vote étaient à l’ordre du jour : le premier sur les orientations générales du projet d’aménagement et de développement durable (PADD) de la Ville et le second sur les orientations budgétaires pour l’exercice 2011. Les autres délibérations étaient secondaires.

     1. La révision du plan d’occupation des sols (POS) et sa transformation en plan local d’urbanisme sont obligatoires depuis la loi relative à la solidarité et au développement urbain (SRU). Le PLU comprend quatre documents et des annexes : le diagnostic déjà présenté en 2010, le PADD actuellement en débat qui est un projet de schéma directeur non opposable à des tiers, les règlements et les documents graphiques plus opérationnels. L’ensemble du projet  doit être présenté théoriquement au Conseil de Juin 2011. Une enquête publique suivra.
       Le projet de PADD présenté par la majorité municipale s’articule autour des orientations générales suivantes :
- construire l’équilibre et la qualité résidentielle dans l’ensemble urbain des Coteaux et du Val de Seine.
- composer une ville de quartiers et valoriser l’espace public pour animer, relier et unir.
- exploiter et développer les atouts environnementaux de Chaville.

       Thierry Besançon, sur la base d’une note de Jean Levain a fait une longue intervention :
il a tout d’abord critiqué les principes énoncés en indiquant que Chaville n’était pas que la juxtaposition de quartiers dits minéraux (la vallée), des coteaux, au cœur de la forêt (en bordure de bois) et en affirmant que la Ville ne pouvait n’être que résidentielle.
Ces  orientations sont critiquables sur le plan social : elles nient l’importance d’un centre ville ; elles différencient la qualité de vie sur la ville alors que celle-ci doit être autant que possible semblable partout même si le caractère de l’habitat est différent ; une ville de 20000 habitants comme Chaville ne peut vivre avec comme seule activité économique le commerce de détail.
il est important que l’enquête publique ait lieu à l’automne, ce qui a été confirmé.

       Jacques Rivier a interrogé la Municipalité sur le « pôle Gare Rive Droite structuré ».

      2. Le rapport de présentation des orientations budgétaires 2011 mentionne :
- l’exécution budgétaire 2010 dégage un excédent de fonctionnement de 2,5 M d’euros pour 0,6 de prévu. En investissement, le recours à l’emprunt à long terme est très faible et le prêt relais pour le financement du groupe scolaire s’élève à 5,8 M d’euros.
- la section de fonctionnement de 2011 retient une baisse de 5% des taux fiscaux rendue possible par l’excédent de 2010 et le moindre besoin d’autofinancement.
- la section d’investissement se caractérise par un niveau de travaux de rénovation relativement faible. En financement, les ressources de cessions des réserves foncières au Centre Ville et aux Petits Bois représentent 11 M d’euros. Cela permet de ne pas emprunter à long terme en 2011 et de rembourser les emprunts court terme de 2010.

       Jacques Rivier est intervenu sur trois points principaux :
l’absence regrettable de référence dans le rapport de présentation des perspectives de GPSO sur notre territoire et la dérive technocratique de la communauté. Le mauvais état de la voierie communautaire a été aussi souligné.
en matière de fiscalité locale l’incohérence de l’aller retour (forte hausse pour des raisons politiciennes en 2009 et baisse maintenant) a été stigmatisée. L’augmentation de 2009 n’était pas nécessaire à son niveau retenu et a pénalisé inutilement les chavillois. La  valeur des réserves foncières permet le financement des nouveaux équipements publics et il était inutile d’accroitre pareillement l’autofinancement par des impôts.
le niveau insuffisant de gros entretien doit être accru de 0,4 M d’euros pour satisfaire des besoins urgents de rénovation. Cela ne remettrait pas en cause le désendettement de 2011 rendu possible par des ressources exceptionnelles de cessions.

dimanche 20 février 2011

Et si l’on parlait Culture ?




Même en ce moment, « culture » n’est pas encore un mot grossier, bien qu’au ministère éponyme on cherche puérilement à opposer la « culture pour chacun » (lire « commerciale ») à la « culture pour tous » sous prétexte que ce vocable sentirait la gauche. Le bon sens indique en effet qu’en période de crise, la culture reste un point d’ancrage pour la qualité de vie et un ingrédient essentiel de l’éducation, donc de la capacité au changement.

Il y a une autre raison de s’y intéresser : la culture est la seule délégation qu’ait conservée, à la communauté d’agglomération dont il est n°2,  le maire de Chaville en même temps qu’il est député, chef de l’UMP 92, président du SIGEIF, du groupe parlementaire d’amitié franco-indonésien etc. Peut-être alors apprendra-t-on qu’il en fait bon usage ?

Avant 2008, un gros effort d’amélioration et de démocratisation avait été fait, grâce au soutien des personnels, sur les Conservatoires. La culture artistique ou locale commençait à amender un environnement trop « minéral » (dixit le projet de PLU) au travers d’œuvres d’art, fresques ou réalisations de projets tels que le Château Saint-Paul. Diverses associations culturelles voyaient le jour avec le soutien des élus.

A Chaville les enfants bénéficiaient, via la carte Famille, d’un double ticket culture et sport. La création artistique avec l’Estampe et la MJC, la formation avec Musiques Tangentes étaient soutenues. Pour autant, la diffusion culturelle était également très présente à l’Atrium et à la MJC de la Vallée. Alors, que fait-on depuis pour la culture à Chaville ?

Améliorer l’existant grâce au surcroît d’impôts ? Si l’on en juge par le niveau des prestations ou le soutien aux associations, pas vraiment. Des investissements pertinents complétant l’éducation des jeunes ? Non plus, ceux-ci se voyant même priver d’un étage de médiathèque aussi bien que du projet PEGASE qui prévoyait une éducation culturelle en centres aérés. La requalification de l’Atrium, devenue urgente, traîne.

C’est même l’Anti-culture qui se profile : liquidation de l’Estampe, villa Sully en ruine, fresques non entretenues, menace sur les pavillons du quartier Marivel, suppression du double ticket de la carte famille, jonglerie avec le projet MJC, absence d’initiative de GPSO alors qu’on pourrait instituer un 1% culturel, lancer un concert du Nouvel An et un Festival d’Eté, un musée Achiam à Sèvres ou restaurer le bâtiment classé du Collège arménien.

Plus d’argent ? Et si l’on rendait la Fac Pasqua à l’Etat et au privé l’inutile Base Nautique de Sèvres ? Si l’on revoyait des marchés publics colossaux et mal définis ? Si on faisait passer les inspections publiques sur un Conseil Général pléthorique et abonné aux scandales ? Si l’on évitait de faire des cadeaux aux promoteurs ? Si l’on cessait de renflouer aux frais de tous la mauvaise gestion de Boulogne-Billancourt depuis des années ?

Dépenser mieux tout en dépensant moins, c’est tout à fait possible. Mais pas en faisant des coupes idiotes ou des économies de bouts de chandelles : ce n’est pas la gestion publique qui est en soi mauvaise mais bien celle de ceux qui exercent leurs mandats… au profit ultime ou immédiat du privé. Gouvernances du Conseil Général des Hauts-de-Seine, de GPSO ou de Chaville c’est tout un, c’est la même culture : celle de l’échec.

Editorial paru dans le Magazine de Chaville du mois de février