dimanche 20 février 2011

Et si l’on parlait Culture ?




Même en ce moment, « culture » n’est pas encore un mot grossier, bien qu’au ministère éponyme on cherche puérilement à opposer la « culture pour chacun » (lire « commerciale ») à la « culture pour tous » sous prétexte que ce vocable sentirait la gauche. Le bon sens indique en effet qu’en période de crise, la culture reste un point d’ancrage pour la qualité de vie et un ingrédient essentiel de l’éducation, donc de la capacité au changement.

Il y a une autre raison de s’y intéresser : la culture est la seule délégation qu’ait conservée, à la communauté d’agglomération dont il est n°2,  le maire de Chaville en même temps qu’il est député, chef de l’UMP 92, président du SIGEIF, du groupe parlementaire d’amitié franco-indonésien etc. Peut-être alors apprendra-t-on qu’il en fait bon usage ?

Avant 2008, un gros effort d’amélioration et de démocratisation avait été fait, grâce au soutien des personnels, sur les Conservatoires. La culture artistique ou locale commençait à amender un environnement trop « minéral » (dixit le projet de PLU) au travers d’œuvres d’art, fresques ou réalisations de projets tels que le Château Saint-Paul. Diverses associations culturelles voyaient le jour avec le soutien des élus.

A Chaville les enfants bénéficiaient, via la carte Famille, d’un double ticket culture et sport. La création artistique avec l’Estampe et la MJC, la formation avec Musiques Tangentes étaient soutenues. Pour autant, la diffusion culturelle était également très présente à l’Atrium et à la MJC de la Vallée. Alors, que fait-on depuis pour la culture à Chaville ?

Améliorer l’existant grâce au surcroît d’impôts ? Si l’on en juge par le niveau des prestations ou le soutien aux associations, pas vraiment. Des investissements pertinents complétant l’éducation des jeunes ? Non plus, ceux-ci se voyant même priver d’un étage de médiathèque aussi bien que du projet PEGASE qui prévoyait une éducation culturelle en centres aérés. La requalification de l’Atrium, devenue urgente, traîne.

C’est même l’Anti-culture qui se profile : liquidation de l’Estampe, villa Sully en ruine, fresques non entretenues, menace sur les pavillons du quartier Marivel, suppression du double ticket de la carte famille, jonglerie avec le projet MJC, absence d’initiative de GPSO alors qu’on pourrait instituer un 1% culturel, lancer un concert du Nouvel An et un Festival d’Eté, un musée Achiam à Sèvres ou restaurer le bâtiment classé du Collège arménien.

Plus d’argent ? Et si l’on rendait la Fac Pasqua à l’Etat et au privé l’inutile Base Nautique de Sèvres ? Si l’on revoyait des marchés publics colossaux et mal définis ? Si on faisait passer les inspections publiques sur un Conseil Général pléthorique et abonné aux scandales ? Si l’on évitait de faire des cadeaux aux promoteurs ? Si l’on cessait de renflouer aux frais de tous la mauvaise gestion de Boulogne-Billancourt depuis des années ?

Dépenser mieux tout en dépensant moins, c’est tout à fait possible. Mais pas en faisant des coupes idiotes ou des économies de bouts de chandelles : ce n’est pas la gestion publique qui est en soi mauvaise mais bien celle de ceux qui exercent leurs mandats… au profit ultime ou immédiat du privé. Gouvernances du Conseil Général des Hauts-de-Seine, de GPSO ou de Chaville c’est tout un, c’est la même culture : celle de l’échec.

Editorial paru dans le Magazine de Chaville du mois de février

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