vendredi 11 novembre 2011

Le commerce, c’est la vie




Pas plus que l’urbanisme le commerce ne s’improvise, cela se voit. Arpentant sa ville, le Chavillois ne peut que méditer à nouveau sur le décalage entre la « com’ » et la réalité. Quartier après quartier, la vie s’en va. Après l’Ursine vidée de tout commerce chavillois, c’est le tour du Haut-Chaville avec la fermeture du point-presse et la menace d’éviction de la charcuterie place Saint-Hubert. A la Pointe, fleuriste en liquidation ! Allant vers Sèvres, il verra bien trois implantations nouvelles, mais c’est parce que l’ancienne municipalité imposa aux Nouveaux Constructeurs de grands locaux commerciaux en pied d’immeuble. Las, plusieurs commerces du quartier ont fermé ou vont l’être.

La mairie manquerait-elle de moyens ? A en juger par ses excédents de trésorerie (2,6 millions € pour 0,7 prévus) ou les quelque 200 000 € investis depuis 2009 pour rémunérer un « directeur de ville » et les services de la Chambre de Commerce, non. Quant à notre GPSO, c’est sans doute la plus riche communauté d’agglomération de France !

Manquerions-nous de transports, de pouvoir d’achat ? Que nenni, notre ville est très bien desservie et le revenu moyen y est élevé. Ses commerçants seraient-ils incompétents ? Clairement non et certains, malgré les difficultés, tirent même encore leur épingle du jeu.

La réponse réside hélas dans un double déficit. Déficit de volonté politique d’abord car on ne peut vouloir développer et vivifier qu’une ville que l’on aime et respecte donc où l’on vit.

De plus redonner une grosse couche de « résidentiel » à une ville déjà très résidentielle, c’est l’asphyxier. C’est favoriser les migrations quotidiennes donc nier le développement durable. Pourquoi réduire le centre ville à un dortoir de luxe où l’on marginalise le commerce autour d’un Monoprix vieillissant ? De quoi vivra l’économie locale si tout le monde part le matin et rentre tard le soir ? Quels emplois locaux nos jeunes et les Chavillois les moins riches auront-ils ? Où les plus anciens feront-ils leurs courses ?

Mais le déficit technique est plus évident encore. Pourquoi en effet faire voter des moyens pour n’en rien faire ? Comment ignorer que la politique du dortoir de luxe tire les baux commerciaux vers le haut, décourageant le commerce ? Est-il si compliqué de racheter des murs ou un fonds, d’exiger de l’OPIEVOY qu’il loue les locaux vides depuis des années de l’ex-crêperie place Saint-Hubert en face de la charcuterie ? Pourquoi donner raison à l’égoïsme de voisinage, tort à l’intérêt général ? Pourquoi miser sur l’ex-présidente de l’association des commerçants aujourd’hui poursuivie  pour détournements? Et les Créneaux ?

Chaville, pensons-nous, doit reprendre le bon chemin, celui de l’efficacité, de la qualité du service et de la solidarité. Le commerce, c’est la vie dit-on et c’est vrai. Alors, à Chaville aussi, rendons-lui sa place et revenons au bon sens, dès que possible.