lundi 3 juin 2013

Une parenthèse à refermer


Voici cinq ans l’UMP a repris la main à Chaville. Un petit nombre d’ électeurs déçus par la rupture à gauche du contrat de mandature, abusés par une astucieuse propagande prétendant menacées les finances de la commune ou tout simplement attachés au principe de l’alternance, avait en effet suffi à faire basculer la majorité. Ils voulaient voir. Ils ont vu.
En cinq ans, la parenthèse a déjà permis de vendre une bonne partie des emprises publiques au bénéfice de la promotion alto-séquanaise. Comme au Plessis-Robinson, à Levallois ou à Vaucresson, dont les élus ont bizarrement tous des problèmes avec la Justice, la municipalité a un seul chouchou : la construction chère, stérilisante pour l’économie et la vie locale et de toutes façons inaccessible aux jeunes ménages. L’activité, c’est pour ailleurs ; nous c’est la droite résidentielle…Telle est, au-delà du discours, leur vraie doctrine.
La lecture du plan de Chaville est révélatrice : alors que sur les plans économique, social, convivial, culturel, rien ne se fait de nouveau et même l’on recule constamment, alors que les impôts n’ont cessé d’augmenter pour une prestation moindre, alors que la gestion UMP de GPSO ne démontre aucune économie d’échelle, on déroule le tapis rouge aux amis promoteurs. Là où ils peuvent construire, on les aide. Là où ils ne peuvent (encore) le faire, le bâti existant est abandonné en attendant sans doute de pouvoir modifier l’urbanisme.
Ainsi après la vente des terrains proches du collège à la Franco-Suisse et l’invasion des terrains du Tennis, on cherche maintenant à grever, sous prétexte de synergie, le projet associatif MJC de l’espace actuellement dévolu avenue de la Résistance, au service municipal Sports et Jeunesse. Cette ingénieuse idée permettrait à la fois de reprendre doucement en main une activité aujourd’hui indépendante de la mairie tout en préparant un nouveau « coup » immobilier.
Encore faudrait-il que la parenthèse actuelle se prolonge, permettant de continuer à vendre l’espace public restant. Or, cette pratique est très néfaste. Empêchant tout urbanisme de qualité, elle tue le vivre ensemble, donne en pleine crise la priorité à l’égoïsme sur la solidarité active, aux activités d’emploi non pérenne sur les autres. Elle est anti-écologique, car elle favorise la prolifération du transport urbain. Elle nuit à la sécurité en concentrant le revenu et en favorisant l’absentéisme diurne. Elle induit des coûts sociaux non négligeables.
Nous croyons, nous et l’avons prouvé, qu’une autre politique est non seulement possible mais nécessaire. Pour cela, il faudra fermer bien vite la parenthèse et reprendre, par l’action rassemblée d’élus associatifs et de progrès, le chemin de la construction d’une vraie ville.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire