mardi 5 novembre 2013

Corruption, quand tu nous tiens…

En dépit du changement politique, des petites phrases, des scandales vite étouffés et du courageux travail de quelques media d’investigation, la culture politique n’évolue guère dans ce pays et la corruption et les abus de pouvoir, ces cancers de la démocratie, semblent fort bien se porter, en particulier dans notre département où prospère le milieu des copains et coquins. A Levallois, au Plessis, à Puteaux et dans bien d’autres communes, le niveau à tendance à s’égaliser… par le bas. Est-ce une fatalité et ne peut-on rien y faire ? Nous ne le croyons pas et voici pourquoi.

Le premier gardien de la moralité publique, c’est le citoyen lui-même et il dispose en démocratie d’une arme forte qui est son vote. S’il refuse son suffrage à ceux, individus ou partis, qui se moquent de lui ; s’il cesse de se complaire dans des généralités comme le fameux « tous les mêmes ! » ou de zapper par principe ; s’il récompense les élus honnêtes qui travaillent et sanctionne les voleurs paresseux, alors il inspirera une saine prudence à ceux qui seraient tentés de mal faire. S’il ne le fait pas par contre, ils passeront à l’acte.

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« Le Casino a bien raison ! »

Le second gardien, ce sont les media, à condition d’être eux-mêmes protégés dans leur indépendance tant au niveau des entreprises de presse que des journalistes. Or la pression économique du moment, la manie généralisée du court terme et la baisse du niveau éducatif, la promiscuité entre les milieux politiques et médiatiques, tout concourt à mettre en danger leur professionnalisme et leur éthique. Pourtant, l’exemple du Canard Enchaîné ou celui de Mediapart démontrent qu’on peut faire vivre des entreprises de presse indépendantes.

Le troisième, c’est non pas forcément la Loi elle-même mais une manière rigoureuse de la manier. Ainsi, peu importe le patrimoine des élus car la moralité n’est pas une question de moyens. Il est par contre inadmissible, surtout au moment où l’on exige des efforts parfois très durs du citoyen, que les investitures politiques ne tiennent aucun compte du niveau éthique des candidats ou que les partenariats public-privé servent de prétexte à des contrats confinant à la haute trahison et qu’en face les sanctions voire les poursuites fassent défaut.

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Ce dont nous ne voulons plus…

Bien davantage que les textes donc, ce sont le casting politique ou judiciaire, les comportements politiques internes et externes, l’exigence professionnelle, la vigueur du débat qui permettront d’avancer. Quel est le chef d’orchestre dans tout cela ? Le citoyen à qui Internet apporte aujourd’hui une dimension critique supplémentaire. A lui de se dire qu’une démocratie en bonne santé est un excellent investissement et qu’on peut lui consacrer de temps en temps un samedi matin volé à l’Hyper du coin ou à la télé.

Les municipales à Chaville en mars 2014, seront un test. Est-il normal en effet qu’un député-maire, rejeté à Sèvres ou Meudon, n’habite pas Chaville après 6 ans de mandat ? Est-il normal qu’après avoir, selon la Cour de Justice de la République, recelé* 15 MF de rétro-commissions et sachant qu’il devrait en cas d’élection démissionner dans les 3 ans s’il est député… ou devient sénateur, il ose pourtant se présenter et discourir sur les finances publiques ? Ses amis feraient bien d’y penser, car le procureur de Nanterre a  changé…

Aux électeurs de dire si l’on peut encore se moquer d’eux. De dire si le 92 peut politiquement rester ce qu’il est c’est-à-dire ces écuries d’Augias dont parlait Patrick DEVEDJIAN ou s’il doit s’améliorer par une exigence nouvelle et constante pour devenir un département modèle. Nous croyons que c’est possible car les Chavillois ont prouvé qu’ils pouvaient, à indépendamment de la tendance nationale, dire oui à la qualité et au dévouement. C’est une bonne raison de persévérer et d’AGIR, au service comme toujours de notre ville.

Jean Levain

•    Recel : fait de détenir sciemment des choses volées…et dans ce cas de l’argent partiellement public, la SOFREMI étant partiellement détenue par l’Etat et sous sa tutelle.