vendredi 27 mars 2015

Départementales : bien voter Dimanche !

Pourquoi un autre Conseil Général à Nanterre ?
Après-demain, le second tour des cantonales, fraîchement repeintes en départementales. Dans les Hauts de Seine, la politisation des élections locales, obstinément voulue il faut bien le dire par une partie de la gauche, continue à montrer ses effets désastreux. Au lieu d’exercer un jugement critique sur la qualité de la gestion de leurs communes ou départements, les citoyens se voient ainsi invités à participer à un referendum sur la politique du gouvernement donc sans rapport immédiat avec le vrai sujet. Dans ce système en effet, mieux vaut un mauvais élu de la « bonne » couleur ou pas d’élu du tout qu’un bon élu de la « mauvaise » couleur ou indépendant. Or que peut-on attendre du mélange des genres assaisonné de sectarisme ?
Il y a pourtant énormément à dire sur la gestion de certains Conseils Généraux dont celui des Hauts-de-Seine : concussion et népotisme, gaspillages évidents dans les compétences  propres de la collectivité ou même en-dehors,  "économies" réalisées sur le nécessaire des uns au profit du superflu des autres, absence de prospective et de réactivité sociale face à la crise. Rarement un département aussi riche en finances s'est montré aussi pauvre en morale politique. Et s’il faut encore une preuve que la droite n'a pas le monopole de la bonne et saine gestion, c’est bien à Nanterre où beaucoup de maires de droite viennent « faire leurs courses » qu’indiscutablement on la trouve. Or comment cela changerait-il en élisant les mêmes ou leurs seconds couteaux ?
Cette néfaste bipolarisation permet ainsi à certaines majorités plus ou moins cooptées de conseils généraux et à des élus de métier saprophytes d’éviter de répondre de leurs  responsabilités et de poursuivre tranquillement des activités parfois douteuses mais en tous cas juteuses en narguant ouvertement la Justice et l’opinion. Ils se voient même encouragés à mal faire par le jeu des grandes marées politiques, comme à Nanterre ou à Chaville. Et pour tout dire elle n’éloigne pas l’extrême-droite du pouvoir, elle l’en rapproche au contraire.
Boeuf-et-âne-gris
Entre le bœuf et l’âne gris…dorment les gentils candidats !
Dans le nouveau canton de Meudon-Chaville, le choix du second tour opposera les candidats de la droite départementale sortante à ceux de la gauche et des écologistes rassemblés. Ostensiblement parrainés, au premier tour, par les deux compères que sont les parlementaires-maires de Chaville et Meudon, les filleuls UMP/UDI paraissent avoir les rênes plus longues au second et déversent consciencieusement sur l’électorat de notre terroir une prose aussi coloriée qu’insipide. Il s’agit bien sûr d’une stratégie calculée pour leur donner momentanément un profil plus autonome, les vrais tireurs de ficelles restant bien sûr les mêmes, discrets mais ô combien efficaces (politiquement, s'entend) : l'UMP reste dans notre département, un parti (trop) bien organisé.
Le cas Barody-Weiss, un exemple à méditer
Que nos candidats de la droite méditent, s’ils avaient la moindre intention de ruer dans les brancards, le sort de Christiane BARODY-WEISS, maire de Marnes-la Coquette, conseillère générale sortante de Chaville et l’une des seules femmes vice-présidentes du Conseil Général où elle avait en charge le très important secteur scolaire (les collèges). Quoique l’UMP  départementale, présidée par J.J.GUILLET, ait paraît-il décidé de soutenir les sortants, elle semble avoir été froidement sacrifiée, entre autres, à la volonté d’un des soutiens principaux du susnommé, le maire de Saint-Cloud. Il est piquant de constater que contrairement à sa devancière Isabelle BALKANY, qui partage la une des journaux avec son mari, elle a la réputation d’être désintéressée mais n’étant pas élue de métier elle est surtout compétente et indépendante, allant jusqu’à tenir tête à Jean-Jacques GUILLET quand il voulut récupérer son ancien siège de conseiller général. Tant pis pour elle...le 92 c'est aussi Dallas.
Stetson
BALKANY ? Connais pas !
Des Balkany, justement, parlons-en. A l’instar de la demi-mondaine Métella dans la Vie Parisienne d’Offenbach, ces mêmes Parrains qui investissent des candidats amis ou passe-murailles et les vantent à l’électorat naturellement légitimiste de notre contrée, se livrent  au un petit jeu amusant du « Connais pas ! ». Quand on sait les relations étroites qui ont toujours associé le trop fameux couple levalloisien avec  JJG, président de l’UMP départementale et ses proches, c’est vraiment trop  et de plus, ce n’est pas très courageux : Sarkozy lui, au moins, soutient son ami Patrick B.!  A Meudon, c’est un autre jeu qui se joue : l’UDI officielle, ayant réussi à sortir le MODEM du champ de la caméra, courtise ouvertement le proto-candidat SARKOZY qui n’incarne pourtant guère l’idéal centriste. Patrick DEVEDJIAN non plus d’ailleurs, qui vécut avec JJG l'activisme de l’extrême-droite universitaire. Mais à UDIste motivé, rien d’impossible ! Il a trop faim...et la soupe sent si bon!
Soupe
Chaville : la Réaction en marche
Notre bonne ville n’est plus chef-lieu de canton ; elle est de moins en moins quelque chose d’ailleurs car son maire non-citoyen semble quelque part lui en vouloir de résister à l’entreprise de casse de la solidarité qu’il lui impose. On a d’abord livré à grand frais le territoire municipal aux appétits des promoteurs, allant jusqu’à confier à l’un d’entre eux la tâche de terminer un projet mal ficelé de MJC (coût additionnel : quelque 3 millions d’euros). On a dégradé celui du centre-ville en un bloc de promotion immobilière, incapable de répondre aux enjeux économiques et écologiques de Chaville, ne fût-ce qu'au niveau du marché. On a rogné sur la propreté et la sécurité routière (3 accidents récents avenue de la Résistance par exemple) de la ville tout en promettant quelque 40 Millions d’euros du Conseil Général pour un « aménagement » non coordonné et sans but précis de l’avenue Salengro qui restera un chantier permanent : aucun problème de fond n’est traité, tout est pour la Com’ et l'apparence.
La solidarité, voilà l’ennemi !
Mais à Chaville comme à Nanterre, leur ennemi principal c’est la solidarité, qui est pourtant l’une des missions essentielles dévolue aux départements. Donc c'est le démantèlement du CCAS, du service logement, du soutien aux associations et au logement des plus défavorisés alors qu’en période de crise pour presque tous, c’est au contraire la solidarité qui devrait être prioritaire. Les investissements somptuaires, inutiles ou mal pensés continuent, tout comme le sponsoring du sport-spectacle professionnel et les frais juridiques énormes engendrés par des erreurs (pour être cléments) inexcusables comme la fameuse fibre noire ou la fondation Hamon. Et qui (à part la « solidarité" UMP) obligeait le CG 92 à recruter l’ancien Directeur des Services de Jean TIBERI, éclusé ensuite à la Défense ? Il est vrai que la solidarité ne rapporte pas de bénéfices collatéraux alors que le BTP…
Pharisien
Avec le plus parfait pharisaïsme, la droite locale ou départementale arrive à faire croire à ceux qui ne veulent pas voir que c’est aux citoyens financièrement modestes  de supporter le coût des erreurs, des inconséquences voire des vols… ou de partir : on a eu et on a toujours de l’argent pour les opérations de promotion ou pour « arranger »  l’école confessionnelle du lieu mais pas pour rénover l’école publique Anatole France ou pour permettre l’extension du collège public . Chaville a maintenant des tarifs de centres aérés supérieurs à ceux de Viroflay ou de …Ville d’Avray ( !) et refuse l’ouverture de la crèche en août. Tout cela et bien d'autres choses encore est défendu par la candidate officielle UMP/UDI, théoriquement chargée de ...la Solidarité dans la municipalité chavilloise. Si elle devait être élue, elle saura sûrement s'inspirer de cet état d'esprit pour ses votes à l'assemblée départementale.  
En réalité tous les financements ou budgets nécessaires pour permettre à la solidarité et à l'éducation laïque d'exister et de se développer existent à Chaville, à condition bien sûr qu'on ne claque pas l'argent à autre chose dans une ville où le niveau d'impôts est très élevé. Mais ce que la droite chavilloise recherche en fait, c'est le développement séparé : le minimum pour les uns, le maximum pour les autres. C'est très précisément cette entreprise que nous combattons, à l'heure d'un nouveau choix citoyen.
Choisir entre Ali-Baba et les Quarante Voleurs
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Comme on le voit, la question qui se pose à l'électeur, pour la décrire plaisamment, est un peu de choisir entre le brave Ali-Baba, qui travaille et paie bravement ses impôts au calife, et les Quarante Voleurs qui ont amassé à leur profit collectif un trésor important. Elle se formule ainsi :
Ou l’on considère, avec la foi du charbonnier, que le Conseil Général des Hauts de Seine pourrait se réformer lui-même et faire cesser des scandales qui nous discréditent ou encore que « de toutes façons la Gauche ferait pareil » alors qu’on ne lui a jamais donné sa chance depuis la création du département et que ce « danger » est assez improbable. Il faut alors voter pour les candidats du système en place, ils sauront toujours justifier l’injustifiable et l'on fera comme les 3 singes :
  3 singes
Ou alors l’on considère que l’électeur, qui a la chance en France de bénéficier d’une situation politique et sociale que bien d’autres pays nous envient encore, doit se faire respecter grâce à son pouvoir de voter : et nous allons voter pour remettre les choses d’aplomb au Conseil Général et à GPSO, notre communauté d’agglomération, où un clan s’est arrogé au travers de la Loi certes mais contre l’esprit de la démocratie, un pouvoir sans équilibre ni réel contrôle.
Voter donc, pour rendre aux Altoséquanais et aux Chavillois en particulier le pouvoir et l’argent qu’ils se sont vus, au fil des années, confisqués par une caste qui exploite la confiance souvent imméritée car mal informée d’une partie de l’ électorat.*
Avec Jacques DELORS…
Mais même si l’on se place dans la logique soi-disant « politique » des grands partis, le gouvernement actuel, largement influencé par les conceptions de Jacques DELORS, n’est-il  pas au fond beaucoup plus proche des idées européennes et centristes que la droite sarkozienne, de plus en plus perméable aux thèmes du Front National ?
Et n’est-il pas aussi beaucoup plus crédible et stable sur ce plan que des gens qui se qualifient de centristes mais ont une fâcheuse tendance à faire évoluer leurs positions, par exemple par rapport à l’extrême-droite, en fonction de leurs intérêts du moment ? Pour les électeurs de sensibilité centriste comme pour beaucoup d’autres républicains dans notre canton, il nous paraît donc à la fois logique, légitime et prudent d’élire , au deuxième tour, les candidats soutenus par le Parti Socialiste, AGIR pour Chaville, le PRG et les formations écologistes. C’est l’intérêt de l’éthique politique, de la transparence, mais aussi celui de la laïcité.
Delors
Et dans une logique de solidarité...
Quant aux citoyens, dont nous nous honorons de faire partie, qui privilégient le progrès social et des valeurs de gauche incompatibles avec le libéralisme mais pas avec l'économie de marché ils doivent nous semble-t-il se garder du vote paradoxal qui consiste à s’abstenir ou à voter contre ses propres convictions générales pour des motifs partisans ou tactiques. L’exercice du noble devoir de voter requiert en effet la sincérité personnelle et ainsi que la situation locale le prouve il est très difficile de réparer les erreurs commises car on en politique on ne zappe pas si facilement que cela et il faut beaucoup d’abnégation et de courage à tous pour réparer les dommages dus à l’aveuglement de quelques-uns. Les partis sont utiles et même nécessaires mais le citoyen et même le militant ne doivent pas en devenir esclaves.
Bon dimanche électoral en tous cas à tous et que la République éclaire votre choix !

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*Bien malin par exemple celui qui arrive à retirer des sites du Conseil Général une idée à peu près claire des effectifs du CG et des fonctions précises de ces personnels ; de même, le bilan final d’opérations comme le câblage en fibre optique du département, la base nautique de l’Ile de Monsieur (80 millions financés à 51% par le CG) ou la fameuse « Fac Pasqua »….ou les non moins fameux « Etats Généraux » de Nicolas SARKOZY.